mercredi 21 juillet 2010

" Un autre Monde est en marche." José Bové



Ce matin en allant au taf, j'étais en avance. Or je suis toujours en retard, parce que j'ai choisi un boulot d'été (Moi j'essuie des verres au fond du café, j'ai bien trop à faire pour pouvoir rêver, et aussi je sers des crêpes à des gens à rayures rouges et blanches qui parlent le gouda) à 3/4h de chez moi, en comptant les embouteillages de touristes à la crotte de bique, parce que j'ai trois bourgs dont deux hypers touristes en shorts anglais faisant le marché à la manière so typical des autochtones, se nourrissant de bigorneaux frais du jour et salade du jardin.


Diantre qu'ils sont gavants à traverser la route devant vous en faisant un merci et un grand sourire heureux alors que j'ai pas dut voulu les laisser traverser, j'aimerais bien traverser le tout avec mon pare-buffle, c'est juste que je suis à l'arrêt parce que ça bouchonne sa mère avec ces centaines de relous. Et pourtant Dieu sait que je suis megapatiente au volant, mais quand on est sur sa propre terre et déjà über en retard au taf c'est à se tirer une balle.


Mais ce matin (je dis matin, c'est spychologique, pour être honnête car je déteste l'hypocrisie, c'est le midi mais ça veut dire peu après mon levage), et bah c'était pas dut la cohue, fluidité, bison vert, affluence raisonnable de touristes ring. Et pourtant, Powergirl de l'anticipation, j'étais partie méga en avance pour arriver à l'heure et par là-même en mettre plein la vue à mes collègues.


Les plus visionnaires l'auront déjà parié, équation anthropométrique inévitable:


DEPART EN AVANCE + TRAFIC FLUIDE
= ARRIVEE MEGA EN AVANCE


Mais hors de question d'arriver 15 minutes en avance ahaha ça NON, car me paierait-on davantage?? Question purement rhétorique.


Garant ma caisse à un parking quelque peu éloigné but gratuit,(nouvelle sensation freedent de ne pas être rackettée de 5 euros de parcmètre chaque fois que je vais travailler honnêtement comme tout citoyen français) (dans le meilleur des cas, parce qu'en vrai je me paye tout le temps des prunes parce que j'oublie tout le temps de payer parce que je suis trop hem en retard et je ne pense qu'à courir comme une dératée vers mon tablier seyant), me dirigeant d'un pas nonchalant vers mon lieu de labeur, je passâmes devant un pressetabacjeuxdargentstylosringardsàdixeuros, et donc y entra, me sentant terriblement libre et dans le vent, car le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.


Au rayon "féminin", calée de force entre deux touristes dont je sens les yeux globs qui épient les magazines culturels de type Cosmo que je feuillette à l'oeil, (non mais c'est agaçant, arrêtez de m'observer afin de copier tous mes faits et gestes d'icône glamour)(touristes... le fil rouge.. toujours lié à un agacement verdâtre et condescendant) je découvre qu'aujourd'hui j'ai envie de quelque chose de moins de 1,50 euros de moins superficiel et trendy, et mes pas me mènent jusqu'à la caisse, saisissant au passage un Le Monde avec un air absent de PDG. Je règle sans broncher mon dû de 1,30 1,40, mazette les prix augmentent pas les salaires, mais l'info est à ce prix, et l'info pour moi, c'est vital, je suis une droguée de l'info.


Je ressors, je fends l'air avec une classe folle, Le Monde à la main, blazer gris, le fille qui va de l'avant, en vue de l'emplacement que j'ai dans le collimateur, adapté à mon fessier, un banc sur le côté de la grand'place pavée, placée à pas très loin de mon lieu de servitude.


Dépliant mon achat, la réalité de la vie me saute en plein visage comme un criquet. Épaisseur ridicule, où sont les pages?? (sur un air de Patrick Juvet)mais mais mais comment en sommes-nous arrivés là Eric Fottorino, mon tuttifrutti d'amour, ce glorieux journal qui fit mon bonheur, et dont un seul numéro suffisait à m'occuper pendant une aprem et à me sentir huppée, on dirait qu'on lui a chouravé des suppléments, il est tout raplapla, pas du tout charnu, on dirait un prospectus Force Ouvrière.


(22 pages c'était déjà trop pour une busygirl comme moi, juste le temps de lire la date et le numéro de la dernière page car c'est comme ça que j'ai su le ridicule et malhonnête nombre de pages, mouaha malin et, quelle vie, déjà l'heure d'aller au taf à l'heure. A l'heure. A l'heure) (pardon, cette répétition est tout-à-fait volontaire)

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